Protection des données personnelles : la vie digitale change-t-elle depuis le 25 Mai ?

Publié par Data4everybody le

GDPR GRPD Protection données personnelles

25 Mai – 25 Juin: jour J ou un mois après, notre vie digitale a-t-elle changé ?

On a beaucoup entendu que l’application de la nouvelle réglementation relative à la Protection des Données Personnelles (PDPR ou GRPD en anglais) est une évolution, pas une « r« -évolution. Il n’empêche que la date d’application de la Loi européenne au 25 Mai était pressentie comme le D-Day… Celui de la reprise de maîtrise de ses données personnelles par les particuliers à l’échelle de 27 pays. Et puis ?… Point de vue d’une utilisatrice avertie.

1. Les notifications de mise en conformité des Politiques de confidentialité se sont multipliées… mais qui les a lues et analysées?

Après deux années de préparation, la France n’a pas vraiment réussi à promulguer le texte d’adaptation de sa législation.

Une majorité des entreprises ne se sont toujours pas en conformité – 80% selon certaines études – même si la Cnil a multiplié les messages rassurants, garantissant « une politique extrêmement pragmatique ».

Côté gouvernement, le texte d’adaptation du droit français au GDPR a été adopté le lundi 14 mai seulement, après cinq mois de débats houleux. Dans la foulée, 60 sénateurs ont saisi le Conseil constitutionnel afin que les algorithmes auto-apprenants soient reconnus comme fondement « exclusif » d’une décision concernant une personne – mettant à mal la cible-même du texte européen. Le Conseil constitutionnel a finalement validé le 14 Juin la loi sur la protection des données personnelles.

Résultat de ce lancement aux airs de pétard mouillé : les marques ont notifié à leurs clients des informations de mise en conformité aux exigences de la réglementation-européenne-relative-aux données-à-caractère personnel (GDPR ou GRPD) en ordre bien dispersé. Faisant leur information de mise en conformité entre le 23 mai et mi-juin… Par simple constat, les GAFAs ont répondu présents dès le 25 Mai. En outre, dès le 20 mai, Instagram s’est montré insistant sur la nécessaire validation de notre part, avec avis d’effacement de profil en cas de refus… OATH, ex-Yahoo, prend un ton sentencieux après les déboires de Yahoo suite au piratage du milliard de comptes en 2014. Une banque a notifié la mise à jour de sa politique de confidentialité des données personnelles le 1er Juin, avec effet rétroactif au 25 mai… Les site de ventes à distance ont notifié plutôt la première semaine de Juin, etc.

En conséquence, la presse parle de « Rendez-vous manqué » pour le jour d’entrée en vigueur de la directive européenne en France.

Cela s’avère sans doute vrai en façade, car rien n’a semblé bouger un mois après la mise en application du Réglement-européen-relative-à-la-protection-des-données-à-caractère-personnel-ou-GDPR. Mais au long cours, les choses pourraient s’avérer plus « décisives » et « visibles ».

On vous explique pourquoi.

¤  ¤  ¤

2. L’intérêt à rester abonné-e primerait…ou comment rien ne change chez Google et Facebook

Le leitmotiv employé par les géants du digital et du fonctionnement et ‘Return-on-investment’ reposant entièrement sur leur patrimoine de données : « Take it or leave it ».

Un argument tout trouvé pour ces mégalithes de l’exploitation et du rendement à partir de la donnée personnelle. A savoir que si nous restons abonné-e-s, nous acceptons d’emblée le partage et traitement de nos données par les GAFAs et leurs consorts/partenaires. On vous explique pourquoi, de Google à Facebook, les règles de collecte et de traitements des données sont mieux expliquées, mais qu’au fond rien ne change.

GA(F)As : take it or...leave it ! Bien que Facebook raisonne un peu différemment depuis 2 mois avec l'"Academy Analytics gate"

GA(F)As : l’adoption d’une seule et même position, mais une cohésion de façade ? Depuis, Facebook a été rattrapé par le ‘Cambridge Analytica gate ».

 

  • Exemple de GOOGLE : dans sa politique de confidentialité qu’il revoie 3 à 5 fois par an, le géant de la recherche par mots-clés consacre un paragraphe CONFORMITÉ ET COOPÉRATION AVEC DES ORGANISMES DE RÉGLEMENTATION.

données personnelles Protection

1. Comment Google justifie-t-il que l’utilisateur a un intérêt à partager ses données confidentielles avec lui et que cet intérêt l’emporte (autrement dit, quelles raisons avancent Google pour poursuivre le traitement de nos données pour être conforme aux règles de Protection des données personnelles, ou fameux art. 6) ?

On ne peut pas les lister toutes : certaines sont communes à tous les champions digitaux : personnalisation des actualités « poussées » sur nos écrans, personnalisation des publicités, lutte contre la fraude dans l’intérêt partagé de l’éditeur et des utilisateurs, amélioration des services développées par Google et ses activités, etc.

La particularité chez Google, c’est de présenter l’intérêt de partager ou de continuer de partager ses données personnelles étant donné les services incontournables et gratuits offerts par Google :

Protection des données personnelles Google

 

Nous y voilà : si nous voulons continuer à utiliser Google gratuitement (rappelons que Google détient 95% de part de marché des moteurs de recherche en tapant un mot-clé), mais aussi Gmail, Google Chrome,G+,Google Maps, Youtube, Hangouts, Google traduction, Google Duo (vidéo), Google Analytics version gratuite, Androïd… et maintenant l’assistant Google Home qui saura – on s’en doute – se rendre in-dis-pen-sable dans les chaumières grâce à la fluidité du conversationnel … eh bien, il faut accepter le partage et le traitement de ses données à caractère personnel.

En cas de non-acceptation de la politique de confidentialité, l’accès à son propre profil ne peut plus se faire (c’est le cas aussi pour Facebook/Instagram). Sans compter qu’il faudra passer outre tous les produits développés par Google ou ses services, et là, bon courage… à moins de décider d’aller de changer de vie (aussi) et d’aller vivre dans une grotte.

Car nous comptons pas moins de 70 produits Google destinés à faciliter notre quotidien (j’ai compté, j’en utilise personnellement 10 couramment, voire quotidiennement…).  Autant de prétextes pour draguer nos data personnelles :

Google applications données personnelles

2. Google joue néanmoins la transparence en listant les catégories de données qu’il collecte pour chacun de ses produits principaux (YouTube, Gmail, Hangout). Justement, si la chose est de plus en connue des utilisateurs un tant soit peu précautionneux pour l’activité YouTube (dont nous vous rappelons la liste ci-dessous)…

Données collectées Google Protection Partage…, le type de données collecté par un outil de conversation video comme HangOut pour les appels nationaux et internationaux semble moins évident :

Collecte données protection Google

3. Le saviez-vous ?

protection données Google

Dans sa Politique de confidentialité, Google indique collecter nos données (uniquement ?) par ses applications propres, à la fois lorsque nous sommes connecté-e-s ET quand nous ne le sommes pas (en offline) par le biais de données permettant non pas l’identification directe (Nom, prénom, etc), mais la ré-identification (des données indirectes, cf notre infographie « Qu’est-ce que la donnée personnelle ? »).

4. Mais Google ne dit rien sur la récupération de nos données personnelles au moSign with données personnellesyen des  « CONNECT TO » ou « SIGN IN WITH » (ci-contre). Oui, ceux-là mêmes qui exemptent utilisateurs-trices de remplir un nième formulaire d’inscription pour accéder à toute nouvelle appli mobile et desktop… Les Connect to s’appuient sur la technologie API, en forte croissance. Ils font souvent partie intégrante des pages de connexion et permettent aux développeurs-fondateurs de nouvelles applis de faire croître rapidement leur base d’audience.

Une peccadille pour Google ou une manne de données personnelles passée sous silence ? Hum.

5. Google évoque également la possibilité de collecte de données de personnes non-membres de Google, pourvu qu’elles utilisent un produit Google. Démonstration : on peut partager un document de travail via Google Slides avec des personnes n’étant pas inscrites sur Google Suite et ses applications bureautiques.

Google avertit d’un simple message qu’on s’apprête à transférer son document à un non-membre ‘stranger-barbarus’, mais ne prévient pas des conséquences en terme de collecte de données et de stockage pour le destinataire, par définition absent et ignorant de l’action.

Données personnelles Protection

En résumé, Google comme à son habitude fait preuve de pédagogie auprès de ses utilisateurs, fidèle à son univers illustré et quadrichromatique. Cela fait 1 mois que nous essayons de faire supprimer le référencement d’une page personnelle sur Google. Par nécessité et pour tester l’étendue d’un retour à la maîtrise sur les données personnelles ? Pas vraiment. Cela fait 1 mois que nous ne parvenons pas à nous faire entendre. CQFD.

¤ ¤ ¤

  • Exemple de FACEBOOK : la mise en conformité de Facebook avec la Nouvelle réglementation relative à la Protection des Données à Caractère Personnel avant le 25 Mai…mais après le « Cambridge Analytica gate ».

Nous le savons : le patrimoine des champions digitaux est bâti sur un château de cartes. L’affaire Cambridge Analytica* a douloureusement rappelé au fondateur de Facebook, ses acolytes et aussi aux actionnaires (cf. graphique ci-dessous) que les données collectées sont la propriété des personnes physiques.

Action Facebook données personnelles

Le cours de bourse de Facebook au Nasdaq a connu une chute à l’annonce de la *fuite des données personnelles de 87 millions de profils depuis les  ‘data centers’ de Facebook par une société d’influence politique et ses sous-traitants.

Facebook a subi la fuite de données autant que ces personnes. Mais d’un point de vue réglementaire, la responsabilité en cas d’atteinte aux données personnelles, quelle que soit la phase de traitement en cause, repose sur le Responsable de traitement. En l’occurrence : Facebook en tant que décideur de collecte, décideur du stockage, et des moyens qui auraient dû être mis en oeuvre pour garantir la sécurisation de ces processus durant toute la durée de vie desdites données. (Nous consacrerons un article sur la notion de responsabilité vis-à-vis des données personnelles).

Car il est bon de rappeler que le traitement au sens réglementaire ne se restreint pas à la phase d’analyse ou de combinaison de données pour y trouver des corrélations entre elles ou insights. Portent l’appellation de traitement plusieurs processus de données possibles :

Données personnelles traitement

Chaque processus ci-dessus est entendu comme un traitement à part entière de données personnelles, au sens réglementaire européen (https://datadifferent.com, Data4everybody, Mai 2018)

 

Pour en revenir à Facebook, la CNIL – lui ayant déjà donné un avertissement  en 2017 en raison de l’absence de consentement des internautes à la combinaison massive de leurs données et à la collecte de leurs données de navigation via le cookie « datr »-  a posté le 12 Avril une information laissant peu de doute sur la responsabilité du réseau social sur l’affaire Cambridge Analytica. Elle y informe notamment sur les concitoyens des investigations menées conjointement par les autorités britannique (la société ayant son siège social à Londres) et irlandaise (en représentation du G29 et de l’intérêt des utilisateurs résidant en Europe), selon le principe de coopération réglementaire prévu par le GDPR.

Dans les faits, l’étude des CGU de Facebook permet d’avoir un bel aperçu sur les prérogatives – largement qualifiées d’intrusives par la presse européenne – que s’arroge le réseau social.

1. Selon sa communication institutionnelle, Facebook est en ‘croisade’ pour améliorer le ‘bien-être social’ (sic) à l’échelle planétaire… Ah oui, cela légitime les produits et fonctionnalités de traquage développés par le réseau social

Facebook politique confidentialité données personnelles

Pourquoi pas sur le principe, les fondateurs de géants numériques ont eu, initialement, une vision universaliste qui a servi à structurer leur projet et guider leur prototype. Bien qu’à notre avis, une telle motivation ne se décrète pas : elle est une résultante et devrait pouvoir être constatée par les seuls utilisateurs.

2. Facebook informe (eux) collecter des données de non-membres (comme d’autres géants du numérique)

Données personnelles Facebook

2. Facebook affirme récolter des données sensibles dites ‘à protection spéciale’

Données personnelles sensibles FacebookC’est ce qui rend sa cause de Facebook si sensible : la confession et les opinions politiques, entre autres, sont des données personnelles ‘sensibles’ au sens réglementaire, car elles touchent au coeur de la vie privée. L’on se doute que ces informations peuvent faire gagner une influence folle si elles tombent entre des mains ambitieuses à malveillantes… Fake news ? Maniulation ? Les risques ne manquent pas.

 

3. L’usage de technologies permettant la collecte biométrique suscite une défiance légitime

Données personnelles Facebook

La reconnaissance faciale n’avait pas encore droit de cité en Europe mais seulement aux Etats-Unis. Des modes de collecte dits biométriques sont par définition plus intrusifs (collectes de données physiologiques pour les sportifs amateurs, ou personnes malades, empreintes digitales, ADN, iris de l’oeil, etc) s’engouffrent dans l’Union avec l’application de la nouvelle réglementation. En effet, paradoxalement, le GDPR ouvre les vannes à des pratiques jusqu’ici rejetées, pour servir de garde-fou a minima au bénéfice de tout résident européen et imposer ses contraintes de sécurisation jusque dans l’organisation des entreprises intéressées.

Il légifère a minima mais laisse à chaque état-membre la latitude de légiférer plus finement sur les données biométriques.

 

4. Facebook pourrait innover davantage dans l’art de collecter des données personnelles en faisant appel à des technologies plus intrusives (mais ce n’est pas le seul à posséder une telle ambition)

Comme le déclenchement à distance de l’enregistrement vocal par smartphone par exemple…Si l’information reste à vérifier, Facebook aurait trouvé un moyen de faire réagir votre smartphone à des contenus audio sans que l’on s’en aperçoive. Le logiciel élaboré par Facebook permettrait ainsi de glisser un son inaudible pour l’oreille humaine au milieu d’une publicité télévisée, qui donnerait l’ordre à votre smartphone de démarrer un enregistrement audio (Source : Metro, UK). Un tel brevet existe bel et bien pour un « système qui permet de donner l’ordre aux smartphones d’utilisateurs de capturer le son ambiant sans qu’on n’en ait conscience.

5. Comment le Groupe Facebook retient-il ses utilisateurs ? Comme Google ?

Une illustration qui met mal à l’aise : lnstagram (Facebook) est accusé par un utilisateur autrichien d’avoir « forcé le consentement  » de ses utilisateurs à sa nouvelle politique de protection des données, encadrée par le RGPD.

« Le RGPD est supposé donner aux utilisateurs un choix libre, s’ils consentent à l’usage de leurs données ou pas », explique Max Scherms au « Soir ». Et il affirme que c’est le contraire qui est arrivé pour de nombreux utilisateurs, puisque le pop-up menaçait plutôt ces utilisateurs du fait qu’ils ne pourraient plus utiliser le service de Facebook, Whatsapp, Instagram ou Google s’ils ne donnaient pas leur consentement.

PS : Entendu ce 4 Juillet sur Arte à minuit dans le reportage de 90 min. bien ficelé « Web, un peu, beaucoup, à la folie… »

« Le problème quand il y a trop de data, c’est de ne plus pouvoir s’y soustraire »

¤ ¤ ¤

  • GDPR : donc, un non-évènement ? Pas si sûr…

1. La nouvelle mouture de la réglementation pour la protection des données personnelles est entrée en vigueur sans fanfare en Europe, mais elle fait des émules outre-Atlantique…Dans l’état-même de Californie, et ce n’est pas un hasard s’il est aussi le berceau des géants de la donnée !

 

Données personnelles Protection

Entré en vigueur depuis le 25 mai en Europe, le RGPD s’est fait un nom aux États-Unis grâce au scandale Cambridge Analytica. Il a été évoqué à plusieurs reprises pendant les auditions de Mark Zuckeberg devant le Congrès américain en avril dernier. Les élus ont posé plusieurs questions portant sur le texte et la manière dont Facebook envisageait de l’étendre aux utilisateurs américains. Certains appelaient à une législation fédérale protégeant mieux les données en ligne, sur le modèle du standard européen. (source Le Figaro, Juin 2018)

En effet, le cadre réglementaire en Europe a historiquement toujours été plus sévère et contraignant pour protéger la Vie privée. Or, la nouvelle mouture sur la Protection des données à caractère personnel 2018 est un simple pilier de la protection de la Vie privée générale, mais un pilier fondateur et structurant.

Fondateur parce qu’il pose le principe du respect du Droit de l’individu à maîtriser les informations qu’il délivre sciemment ou inconsciemment, en connaissance de cause ou à son insu. Soit dit en passant que l’information collectée à notre insu ne devrait plus exister selon le principe de transparence et du devoir d’information claire du GDPR).

Fondateur aussi parce qu’entre les lignes, le texte apporte un aspect nouveau : que toute activité ou tout projet traitant des données personnelles d’individus, a fortiori de données sensibles, soit conceptualisé-e nativement dans le respect des droits et libertés individuelles. Ce mot ‘nativement’ est primordial afin que la réglementation soit mise en oeuvre massivement et durablement à l’avenir : on parle de privacy-by-default et privacy-by-design.

Données personnes protection Structurant parce que le GDPR amène, et ce n’est qu’un début, des exigences et des contraintes jusque dans l’organisation du responsable de traitement. Deux ans de préparation, il n’a pas fallu moins pour se préparer bon gré mal gré à l’application de la directive européenne. Nul doute qu’il a fallu cartographier les données personnelles, passer en revue les process métiers, les catégoriser, les qualifier et les hiérarchiser, et enfin instaurer des usages et modes opératoires conformes à la réglementation.

Et puis ? La problématique de la data depuis l’avènement de l’informatique au sein des organisation, est qu’elle était restée massivement non-qualifiée et stockée (au cas où) selon les exigences des organisations et la capacité technologique des infrastructures jusqu’alors. Les exigences de reporting nécessitaient de faire remonter certaines catégories de données via des datamarts et processus rodés, laissant de côté des pans gigantesques d’autres données.

On voit bien que le GDPR et sa cohorte de projets corollaire viennent remettre en question la vision d’une simple donnée support, mobilisée seulement en aval d’un besoin. Pour se mettre en conformité, la data doit pouvoir être qualifiée le plus en amont possible et les projets, intégrer l’obligation de conformité dès leur conception. Avant d’irriguer… à peu près tous les métiers de l’organisation, des Ventes à la RH.

La verticalité de la donnée personnelle dans une organisation est une chance de réorganisation et d’optimisation. Cette verticalité contribue bien sûr à accélérer la transformation digitale que l’organisation ait des ambitions data-centric ou non.

La data ne se plie plus aux contraintes des infrastructures et consorts. Elle ‘guide’ l’infrastructure et les projets dès la phase native du projet, pour livrer le sens dont les métiers ont besoin, ou pour permettre la disponibilité rapide, voire immédiate, des données personnelles à l’utilisateur. La donnée passe au stade de donnée valeur.

Il faut espérer que le GDPR aura une puissance de feu au long cours. Vraiment.

2. Et les sanctions : feront-elle bouger les lignes ?

données personnellesLa directive GDPR prévoit des sanctions et pénalités en cas du non-respect des règles sur la protections des données personnelles ou de non-coopération lors d’investigation.

Il y a une gradation dans la sévérité des infractions ou manquements qui seront relevés – selon qu’il existe ou non un précédent voire un avertissement des autorités, et selon la façon dont le responsable de traitement en aura pris la mesure. La lourdeur des sanctions et pénalités est également prévue pour être graduelle, le maximum encouru étant de 4% du chiffre d’affaire mondial, ce qui a le don de marquer les esprits côté utilisateurs et côté Responsables de traitement, c’était bien le but.

Jusqu’ici les sanctions n’étaient pas suffisamment dissuasives – au vu de certains revenus d’entreprises universelles –  pour conduire à la remise en cause des processus des organisations pour les sujets de conformité relative à la donnée personnelle. Les organisations ayant périodiquement remis à plat leur processus de détection et de mesure des risques de non-conformité aux droits et libertés des utilisateurs avant l’exercice imposé du GDPR, étaient rares. Les risques étaient gérés et limités par un département des risques et de la conformité ronronnant, sur des process usuels et bien huilés.

Et puis, les entreprises étaient sur un mode déclaratif des traitements souhaités face à une Cnil. Face à la croissance des organisations exploitant la donnée, à l’omniprésence des algorithmes et des traitements à grande échelle, le déclaratif n’est plus tenable.

Bon, et côté sanctions prononcées, que s’est-il passé de concret depuis le 25 Mai  ?

La toute première entreprise sanctionnée est Optical Center. Le distributeur de lunettes n’avait sans doute pas pris suffisamment la pleine mesure du 1er avertissement déjà lancé par la Cnil (tiens, qu’est-ce qu’on vous disait !).

Sanction protection données

(source : Génération Nouvelles Technologies, 18 Juin 2018)

3. Et même sans sanctions, n’y aurat-il-pas naturellement un « fly-to-quality » (refuge vers la qualité) de la part des utilisateurs et des investisseurs?

Sans atteindre l’envergure des déboires de Yahoo en 2014, soit  500 millions de comptes (quoique… une réplique pourrait subvenir selon les spécialistes de cyber-sécurité) dont la réputation et le statut de challenger de Google ont sombré, une marque subissant un vol de données et toute atteinte remarquable sera sans doute médiatisée. Les réseaux sociaux et la société civile s’occuperont de la sanction de fait.

4. Quelque chose de fun à tenter à la faveur du GDPR: demander à votre RH de vous donner accès à ses données personnelles en tant que salarié…  et guettez leur réaction :).

Plus sérieusement, si vous souhaitez approfondir le sujet de la protection des données des collaborateurs et non-collaborateurs (les candidats par exemple, les stagiaires, etc),  voici un décryptage très pertinent de données sous haute protection:

Le Nouveau règlement européen (GDPR) sur la protection des données et le traitement des données des ressources humaines RH

CONCLUSION : Nous ne pourrions plus nous passer de ces services digitaux mis à notre disposition, qui plus est gracieusement… C’est là l’exploit extra-or-di-naire des géants du digital en une petite dizaine d’années seulement !

Tous nos contenus sur 70 applications Google sont collectés, analysés et exploités,  que nous soyions connectés ou non, que ce soit scriptural ou conversationnel. C’est sans doute pour cela que certains juristes mettent un bémol à la confidentialité à 100% des échanges via messageries…

Pour ce qui est e Facebook, le réseau social #1 ne se contente pas de draguer nos données personnelles, mais prévoit de connaître mieux que nous même quel lien nous convient le mieux, quel groupe, etc… au nom de sa croisade pour le « bien-être social » (sic). Ou comment la technologie permet d’abolir les frontières et les tracés administratives tandis que certaines nations souhaitent au contraire marquer leur territoire plus que jamais.

Non, mais vraiment…nous mesurons à quel point ce moto fait sens:

« Quand c’est gratuit, c’est nous le produit ! »

Même s’il est un peu tôt pour le dire, l‘omni-présence des géants de l’internet dans nos vies, le savoir-faire sur lequel ils capitalisent déjà pour aspirer les données personnelles, suivi du ‘non-événement’ en apparence de l’entrée en vigueur du GDPR, et surtout l’appréciation laissée aux entreprises de la notion ‘de balance des intérêts utilisateur/responsable’ pour savoir, si oui ou non, le traitement est licite, c’est tout de même (encore) beaucoup laisser le pouvoir aux géants du net.

L’ensemble de ces constats et réflexions ne donneraient pas tors au fondateur de Qwant, Eric Léandri. A chacun de veiller à l’usage qu’il autorise sur ses données personnelles :

D’ici 2020, au moins 10% des internautes européens auront compris qu’il est important de protéger leur vie privée ! (Source: L’Obs, février 2017)

Est-il besoin de rappeler que le moteur de recherche Qwant respecte les données personnelle ? La Caisse des Dépôts et le magnat de la presse Axel Springer ont investi respectivement 15 et 3 millions au capital en 2017…signe de lendemains prometteurs pour le moteur de recherche français après une traversée du désert face à son homologue californien.

Ainsi, prendre le soin d’activer la navigation privée, faire des recherches de mots-clés sur Qwant, accepter de revenir à ce genre de pratiques ou fonder des produits équivalents à GoogleMaps, Gmail, Google Agenda respectueuses des droits et libertés des individus, pourraient bien être des alternatives à développer sérieusement. Déjà utilisées par un public adverse au partage, méfiants de base, …mais pas seulement : tout simplement des personnes préoccupées par la mainmise tentaculaire – et sans retour – des géants du digital sur leur vie privée, et celle de toutes les sociétés que compte cette planète.

Si cet article vous a plu, que vous souhaitez sortir des lieux communs en termes d’analyses sur la data,  inscrivez-vous au présent blog de vulgarisation de la data. N’hésitez pas à partager sous le manteau le nom de notre site Datadifferent.com, cela pourrait rendre service autour de vous 🙂

Nous vous invitons également à lire nos autres articles et à nous laissez un commentaire.

Notre prochain post sur ces start-up montantes qui cherchent des solutions pour un meilleur respect des règles du GDPR. Vous êtes plutôt en BtoB ou BtoC sur le sujet ?

Crédits photos : remerciements à Pexels, Datadifferent.com

 

Follow me

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *